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ROADMAP TO NET ZERO - Enbro

Sous ce titre, le groupe Elia [1]a récemment publié une étude qui trace la voie pour parvenir à zéro émission de CO2d’ici 2050. C’est une liste époustouflante d’idées concrètes pour arriver à une économie sans CO2, des idées aux conséquences profondes.

 

Quelles sont les étapes concrètes ?

 

Une première étape importante consiste à tripler le rythme de déploiement des énergies renouvelables par rapport au rythme des cinq dernières années. L’étude indique également qu’un triplement du rythme des rénovations des logements est nécessaire. Ce serait encore mieux de quadrupler, mais cela semble impossible. Le soutien de la société est mis en doute dans ce cas. Pour accélérer ce rythme, les délais actuels d’autorisation et d’exécution devraient être réduits de moitié.

Interconnexions avec d’autres pays

 

La Belgique n’ayant de toute façon pas assez d’énergie renouvelable (vent, soleil, biomasse, Hydro) pour couvrir ses besoins électriques, il faudra développer des interconnexions avec d’autres pays, surtout avec des pays en surplus d’énergie renouvelable, comme la Norvège et le Royaume-Uni. Il convient de noter que ces deux pays, qui ont le plus grand excédent d’énergies renouvelables, ne sont pas membres de l’UE27.

Selon la même étude, la demande d’électricité pour l’UE27 en 2050 est estimée à pas moins de 9000 TWh/an (à titre de comparaison, la consommation actuelle en Belgique est d’environ 90 TWh/an, soit 1 % !), soit une croissance de 70 % par rapport à la consommation actuelle. Cette croissance est principalement due à la forte augmentation supposée de l’électrification du transport (ex. voitures électriques) et du chauffage (ex. pompes à chaleur électriques). Compte tenu d’un rendement annuel de 35 000 MWh/an par éolienne, cela conduirait à la construction et à l’exploitation nécessaires de pas moins de 145 000 éoliennes, à construire principalement par les Norvégiens et les Écossais, car ces pays combinent les côtes les plus longues et les vitesses de vent les plus élevées.

Soit dit en passant : pour l’énergie solaire aussi, on compte 2500 TWh par an à 300 watts de pic par panneau. Comptez vous-même le nombre de centaines de millions de panneaux solaires qui doivent encore être installés, entretenus et remplacés tous les 20 à 30 ans.

 

Le mix énergétique idéal

 

Pour pallier l’intermittence inévitable des énergies renouvelables, on compte sur un bon mix énergétique, avec principalement de l’énergie éolienne et solaire, qui peuvent se compléter en grande partie avec beaucoup de vent en hiver et de soleil en été. Pour compléter l’offre comme il se doit, il faudrait recourir à des centrales hydroélectriques, mais aussi aux batteries des véhicules électriques et à la gestion de pompes à chaleur.

 

Centrales thermiques

 

Pour quand même assurer l’offre en électricité dans les périodes de Dunkelflaute, 250 à 400 GW seraient produits par des centrales thermiques prévues en 2050, alimentées en hydrogène et/ou en e-fuels[2] ; proportionnellement, cela représenterait 7 à 12 GW produits par des centrales thermiques en Belgique. Étant donné que la technologie pour ces centrales n’est pas encore au point, il s’agit en tout cas d’un gros pari dans la projection.

 

Molécules vertes

 

Outre ce besoin d’électricité, il existe un besoin d’énergie qui n’est pas comblé par l’électrification d’autres besoins énergétiques. Pour cela, on compte sur les molécules vertes qui seront importées par exemple du Chili, du Moyen-Orient et des pays africains, comme la Namibie, ce qui a déjà généré des reproches d’émergence d’un écocolonialisme. Les autres continents, comme la Chine et et les États-Unis, laisseront-ils faire l’UE ? On rêve également de lancer un marché mondial des molécules vertes.

 

Quid des centrales nucléaires ?

 

L’étude d’Elia évite scrupuleusement d’intégrer l’opportunité des centrales nucléaires existantes en Belgique. Il est pourtant évident que les 7 centrales nucléaires en Belgique représenteraient une belle alternative pour rendre superflue la construction de 1275 éoliennes ! L’étude n’aborde pas une seule fois la question de l’argent.

 

 

[1] Le groupe Elia comprend le gestionnaire du réseau à haute tension belge ainsi que le gestionnaire du réseau à haute tension allemand 50 Herz.

[2] Les électrofuels ou e-fuels sont une classe émergente de carburants de substitution neutres en carbone qui sont fabriqués en stockant l’énergie électrique issue de sources renouvelables dans des composés chimiques de combustibles liquides ou gazeux ; ils constituent, par exemple, une alternative au biocarburant ou à l’hydrogène dans l’aviation. Porsche est un promoteur des e-fuels.