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Prix de l’électricité trop élevés - Enbro

C’est une évidence de dire que les prix de l’électricité sont trop élevés aujourd’hui. On ne peut pas imaginer à quel point les prix du gaz[1] pourraient exploser si l’énergie nucléaire était remplacée aujourd’hui par une demande encore plus élevée de gaz. La flambée des prix serait imprévisible. Les prix du gaz atteignent aujourd’hui largement les 80 €/MWh et les futures maintiennent cette tendance jusqu’au moins fin juin de l’année prochaine[2], soit plus qu’un quadruplement des prix historiques.

 

 

La Chine à l’origine de cette hausse des prix de l’énergie

 

Au passage, le prix élevé du gaz ne peut être attribué ni aux manœuvres russes, ni à l’entretien des infrastructures gazières norvégiennes, ni au remplissage incomplet des réserves (des incidents récurrents). La cause se trouve dans l’augmentation de la demande en provenance de Chine, l’usine du monde, où un mouvement de rattrapage est en cours pour l’Occident afin de combler la demande en biens divers ; les usines y sont à l’arrêt faute d’électricité.

 

 

Taxe carbone

 

Mais comment réduire le prix de l’électricité ? Concentrons-nous sur la taxe CO2 sur les émissions ou taxe carbone. La taxe carbone a été instaurée pour décourager l’utilisation des énergies fossiles en rendant les énergies fossiles plus chères, beaucoup plus chères. Le raisonnement sous-jacent est que lorsque le prix est élevé, la demande et les émissions de CO2 diminueront. Autrement dit, faire jouer la loi de l’offre et de la demande. Or, si le prix du gaz a plus que quadruplé[3], on peut raisonnablement supposer que l’énergie fossile n’a plus besoin de la taxe carbone supplémentaire pour réduire son utilisation (le gaz, mais aussi le charbon sont devenus beaucoup plus chers). Il serait également logique de ramener la taxe carbone à zéro, ne serait-ce que provisoirement, tant que le prix du gaz dépasse un certain niveau.

 

Le prix actuel du CO2 qui s’élève à 60 €/tonne et plus entraîne probablement une augmentation du prix de l’électricité d’environ 15-25 €/MWh.[4]

 

Réduction temporaire du taux de TVA

 

Une réduction similaire (temporaire) du taux de TVA est tout à fait envisageable. En raison du quadruplement du prix du gaz, la base imposable sur laquelle la TVA est calculée augmentera proportionnellement. Dès lors, une réduction de 21 % à 6 % constitue un exercice presque neutre sur le plan budgétaire et certainement pas une perte budgétaire pour les pouvoirs publics. Une augmentation attendue de la facture énergétique annuelle de plus de 2000 € entraînera des problèmes financiers pour de nombreux consommateurs du secteur domestique. Par conséquent, les fournisseurs verront de nombreuses factures impayées.

 

 

 

Taxes

 

Les politiciens se concentrent sur la transformation des taxes en accises. Cela ferait perdre toute transparence au financement des énergies renouvelables, mais c’est peut-être le but. Pourtant, derrière la grande majorité des taxes pour le soutien aux certificats d’électricité verte se cachent des conventions individuelles, soit pour le subventionnement d’éoliennes, soit pour des installations de cogénération, soit pour des panneaux solaires ou des projets solaires thermiques. Le financement de ces contrats individuels se noie alors dans un pot d’accises général où le lien direct entre tous les projets individuels et leur subvention est privilégié. Une opération fiscale blanche sans aucune valeur ajoutée.

 

 

Une politique énergétique visionnaire ?

 

Certains écrivent que nous avons enfin une politique énergétique visionnaire, loin de la politique des ministres précédents. La vision actuelle est presque doctrinale et peut causer d’énormes dommages économiques. Mais la vision est bien là.

 

[1] Les prix du gaz sont normalement à la base des prix de gros de l’électricité : le coût marginal de la centrale marginale nécessaire pour équilibrer l’offre et la demande détermine le prix de gros.

[2] Pour les six prochains mois, les prix du gaz sont compris entre 85 €/MWh et 88 €/MWh contre des prix historiques allant de 15 €/MWh à 20 €/MWh.

[3] Un niveau dont même l’UE n’aurait pas osé rêver.

[4] Notez que, en raison de la part (élevée) de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique belge, le coût du CO2 n’est dans la pratique que partiellement répercuté.