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Encore un long chemin à parcourir… - Enbro

Dans le journal De Tijd du 14/7/2021, un article détaillé est publié sur la chasse à l’électricité verte dans la grande industrie. Cet article fait l’éloge de la conclusion de contrats d’achat à long terme (PPA ou purchase power agreements) par la grande industrie, des acteurs tels que Google, Ineos, Janssen Pharmaceutica, Borealis, DSM, Lhoist, ASML et d’autres encore.

 

Il s’agit d’une évolution favorable dans la mesure où la grande industrie se couvre ainsi contre les augmentations potentiellement explosives du prix de l’électricité à la suite de la forte hausse attendue des prix du CO2 qui seront répercutés sur le prix de l’électricité. La grande industrie fait ainsi preuve d’une bonne gestion.

 

Prix d’achat dans la grande industrie


La question de savoir si cela représente un tournant révolutionnaire dans le monde de l’énergie est totalement différente. Les PPA étaient auparavant conclus entre les investisseurs dans les parcs éoliens maritimes et les compagnies d’électricité, comme Luminus, Eneco, Engie et d’autres. Ces prix d’achat oscillaient autour d’un niveau modeste de 30 €/MWh et constituaient en effet une maigre contribution au financement total d’un parc éolien en mer. L’article du journal De Tijd ne mentionne pas les prix d’achat de la grande industrie ! Il a toutefois été publié un jour que le PPA d’Arcelor avec Storm portait sur un prix d’achat de plus de 60 €/MWh pour un parc éolien limité on shore, ce qui représente évidemment une énorme différence avec les parcs éoliens off shore.

 

LCOE d’un projet


Un concept courant dans le monde de l’électricité est le LCOE[1] d’un projet. Pour résumer une longue histoire, les LCOE des derniers parcs éoliens en mer du Nord belge oscillent autour de 125 €/MWh. Par conséquent, si l’on veut créer un parc éolien off shore qui ne doit pas être subventionné, les PPA devraient être conclus à un prix de 125 €/MWh, ce qui est actuellement irréaliste.

 

Cela semble irréaliste car, le 28 juin 2021, le CEER[2] a publié une étude reprenant plusieurs chiffres et graphiques sur l’évolution des subsides octroyés en Europe aux SER[3]. Il en ressort notamment que le subside moyen pondéré pour les SER, donc en plus des prix de gros, est passé de 99,62 €/MWh en 2018 à 97,95 €/MWh en 2019[4].  Dès lors, tous les cris de victoire sur l’absence de subsides sont en tout cas provisoirement prématurés.

 

Appels d’offre concurrentiels


Pourtant, de tels projets seraient réalisés sans subsides aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni. Comme cela a déjà été suggéré, la réponse ne viendra pas de la grande industrie, mais elle devra être trouvée dans le changement d’approche par les pouvoirs publics : pas d’octroi de concessions mais des appels d’offres concurrentiels, pas de financement de projets mais bien un financement du bilan, travaux d’infrastructure réalisés par le gestionnaire du réseau de transport au lieu du promoteur du projet – ce qui revient à un transfert de subsides.  Ce, pour ne citer que quelques changements indispensables.

 

[1] LCOE est l’abréviation de « levelized cost of energy », une méthodologie standardisée pour le calcul du coût d’un projet énergétique, y compris un rendement escompté. Le concept est couramment utilisé par l’AIE – Agence internationale de l’énergie

[2] CEER est l’abréviation de Conseil des régulateurs européens de l’énergie, une organisation de régulateurs européens qui publie régulièrement des études et des avis de qualité

[3] SER est l’abréviation de « Sources d’énergie renouvelable », énergie renouvelable

[4] Et 110,22 €/MWh en 2015