– une contribution de notre expert en énergie, M. Guido Camps –

L’année dernière, au mois de novembre, j’ai assisté à la conférence du cluster WaterstofNet à Dordrecht. Et ce fut une véritable révélation. L’hydrogène a un réel avenir en tant que vecteur d’énergie dans le secteur des transports lourds tels que les camions, les bus, les camions poubelles, mais aussi dans des transports maritime et aérien.

J’ai appris, notamment, que le coût sur la durée de vie totale d’un bus à hydrogène est deux fois plus élevé que celui d’un bus diesel. Dans un environnement non concurrentiel pour l’utilisateur du bus, par exemple une administration publique, ce désavantage en termes de coût ne constitue pas un obstacle pour le bus à hydrogène. L’environnement non concurrentiel donne la priorité à l’écologie, au vu des appels d’offres déjà lancés. Après tout, l’air sain a aussi une valeur. Les camions poubelles fonctionnant à l’hydrogène sont également promis à un bel avenir.

Les Pays-Bas entendent faire de l’hydrogène leur principal produit d’exportation, et l’Allemagne a récemment annoncé qu’elle allait débloquer 9 milliards d’euros pour le développement d’applications à l’hydrogène.

Mais l’étude “Green Hydrogen for a European Green Deal; A 2×40 GW initiative”, que j’ai reçue en mars de cette année, s’est révélée plus importante pour cet article d’opinion. Cette étude du professeur Ad van wijk et de Jorgo Chatzimarkakis, part de nombreuses hypothèses nécessaires (l’étude traite du développement futur de l’hydrogène vert jusqu’en 2030), et estime les investissements nécessaires pour l’électrolyse à 25-30 milliards d’euros. En tenant compte des investissements supplémentaires nécessaires en matière d’énergie solaire et éolienne en mer et sur terre, l’effort d’investissement total est estimé à entre 100 et 300 milliards d’euros. Ce qui est encore plus intéressant dans cette étude, c’est que les émissions de CO2 évitées grâce à ces investissements sont estimées à 90 millions de tonnes de CO2 par an. Ce chiffre avoisine fortement les émissions annuelles de CO2 de la Belgique (100 millions de tonnes de CO2 par an).

Nous savons que les émissions belges représentent environ 3 % des émissions de l’UE et que les émissions de l’UE représentent environ 9 % des émissions mondiales. Ensuite, le calcul est simple – en supposant bien entendu que ce développement de l’hydrogène soit représentatif de l’ensemble du développement zéro émission de CO2 : pour parvenir à une économie zéro émission de CO2, ça nécessite un effort d’investissement de 111 à 333 milliards d’euros au niveau belge ; de 3 700 à 11 100 milliards d’euros au niveau européen ; et de 41 111 à 123 333 milliards d’euros au niveau mondial.

Les lauréats du prix Nobel d’économie 2019 (A. Banerjee & E.Duflo, L’Économie utile pour les temps difficiles, en p. 254-255) écrivent que 50 % des émissions mondiales sont produites par 10 % de la population (dont la Belgique), alors un effort d’investissement pour ces 10 % de la population mondiale représente 50 % des montants cités ci-avant si l’on applique le principe du “pollueur-payeur”, en tenant compte de l’hypothèse supplémentaire que les 50 % restants seront payés par les 90 % restants de la population mondiale.

L’hydrogène peut sembler être la solution idéale pour une transition énergétique réussie, mais pour l’instant, il implique encore un très gros effort financier. Son domaine d’application étendu en tant que vecteur d’énergie est donc pour l’instant une question d’avenir.

Heureusement, nous disposons bien entendu d’autres options d’énergie verte, comme les panneaux solaires. Earth, partenaire d’Enbro, met à ce sujet, tous ses conseils à votre disposition. 

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